Prose Tome 2

Journal

C’est l’époque de l’année.
Où la montagne change de couleur.
Où je me prépare à refermer les fenêtres.
Et à hiberner.
Je me regarde dans le miroir.
Mes cheveux sont de plus en plus aux couleurs de l’hiver.
Ça ne change rien.
Puisque je vieillis avec toi.


Je fais le tour du lac.
Vent dans le dos.
Au loin une femme alimente un feu de camp.
J’aimerais m’y joindre.
Discuter et m’y réchauffer. 
Le vent du large est froid et humide.
Sous ma peau de matelot. 
Je commence à avoir froid.


Le monde fonctionne comme nous le concevons.
Ajoutons-y de l’empathie, de la couleur et de l’audace. 


Où est passé mon village ?
J’ai beau le chercher.
Je n’en trouve que des murmures et des ombres futiles.


Ce n’est pas ce que je cherche.
Mais au fond qu’est-ce que je cherche?
Et vous, qu’est-ce que vous cherchez?
Un chose est sûr, ce n’est pas dans ma poche.


Le regard fixé dans le rétroviseur.
Tu n’iras nul part.
 Et te mettre en marche arrière.
 Ne t’y ramènera pas.


Dans l’ancien temps.
L’ancien présent.
La vie n’était pas mieux.
Mais différente.
Parfois j’envie la lenteur qui était la leur.


Tous ces gens qui gèrent sans entendre.
Les uns à côté des autres, l’âme seule.
Qu’est-ce qui les empêches d’entendre la détresse et la joie de ce monde?
L’indifférence ou ces bouchons de plastique qui bloque leurs oreilles.


Le monde n’est pas noir.
Le monde n’est pas blanc.
Le monde est encore moins gris.
Ton monde prend tes couleurs.



Qu’est-ce que je ferais sans toi?
Parfois beaucoup, parfois très peu.
Mais je ne pourrais pas être complètement moi.



Tous ces gens qui marche sans respect et sans enthousiasme.
Les uns à côté des autres, l’âme seule.
Qu’est-ce qui les empêches de contempler les étoiles?
L’indifférence ou cette lueur au creux de leur main.



Je sonde le fond de mon âme.
Comme l’on sonde le fond d’un trou noir

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